L'Alsace - Usagers des transports : des doutes sur Mulhouse-Müllheim, le tram-train et l’arrivée du RER bâlois
8 avr. 2026
Il n’y a pas que le TER 200 dans la vie de l’Association des usagers des transports (AUT). Le président, Florent Manrique pointe d’autres sujets sur lesquels l’association reste vigilante. D’autant plus qu’il a remarqué que les quais étaient plus remplis depuis l’augmentation du prix des carburants…
Le transfrontalier Mulhouse-Müllheim
Rien est simple sur la ligne Mulhouse-Müllheim , empruntée notamment pour se rendre à Fribourg-en-Brisgau. Le fait d’avoir deux gestionnaires de ligne, la SNCF côté français, la Deutsche Bahn côté allemand, complique les choses, même si « une volonté et des investissements » sont appréciés. Ce qui est appréciable, aussi, avec un quai dédié, c’est que les trains peuvent circuler « de manière autonome », ne croisant pas toutes les autres voies. « On a tout, le matériel et l’infrastructure, très récente, qui a moins de 15 ans », souligne Florent Manrique, président de l’AUT (Association des usagers des transports).
Désormais, ce qui est attendu, « c’est de la fiabilité ». Les changements d’horaires mi-décembre 2025 côté allemand, tandis qu’ils restaient les mêmes côté français, ont été « une douche froide ». En effet, « quand vous arrivez à Müllheim, le train pour Fribourg est déjà parti ». Autre point de vigilance, avec l’arrivée de nouvelles rames sur les axes alsaco-allemands Strasbourg-Offenbourg et Mulhouse-Müllheim. « Apparemment, ce n’est pas certain pour Mulhouse-Müllheim… Pourquoi ? Le land de Rhénanie-Palatinat ne veut pas payer plus. Seulement, ce n’est pas son périmètre, c’est celui du Bade-Wurtemberg. J’attends plus d’infos de la Région. »
Moins de trains durant les vacances scolaires
L’allègement du service, quinze semaines par an, « qui correspondent aux vacances scolaires », n’est pas du goût de tous. « La Région veut supprimer quelques trains pour faire des économies. » Certes. Sauf qu’ « aucun gouvernement n’a attribué quinze semaines de congés payés ». Certains trains entre Colmar et Mulhouse se retrouvent « surchargés à 150 % », laissant nombre d’usagers debout. Sur la ligne Mulhouse-Bâle (hors TER 200), l’AUT note une « nette hausse » de la fréquentation entre début février et fin mai, avec 3 870 usagers par jour, soit une hausse de 9 % en 2025. « Et les abonnés de moins de 26 ans ne représentent que 16 % des usagers ».
Le constat est quasi-identique sur Mulhouse-Belfort, avec 2 770 montées journalières, soit « 10 % de fréquentation supplémentaire entre 2023 et 2024 », où les moins de 26 ans représentent 24 % des usagers. Le problème se pose pour les travailleurs, avec pour exemple sur la ligne Colmar-Mulhouse, deux suppressions qui permettaient d’arriver à 8 h au bureau à Bâle pour l’une, et à 8 h 30 au bureau à Mulhouse pour l’autre. Sur Mulhouse-Belfort, avec la suppression du train de 16 h 50, les trains d’avant et d’après sont surchargés. « La SNCF a critiqué ces allègements, la Région a dit on supprime quand même. Les usagers se retrouvent en difficulté. »
Bollwiller, 4e gare du Haut-Rhin, négligée ?
Florent Manrique dresse un constat : avec plus de 1 000 usagers quotidiens, Bollwiller est une ville stratégique sur l’axe Colmar-Mulhous e. Premier point, le parking, « toujours plein ». « Même avec une extension, il est saturé. On va s’étendre jusqu’où ? » Est alors posé sur la table le retour d’une ligne ferroviaire entre Bollwiller et la vallée du Florival, « un projet de 7 km à 30 millions d’euros » qui va d’étude en étude. Le président évoque justement une étude de 2015, qui annonçait la réouverture s’il y avait un taux de couverture de 20 %, estimé à 25 millions d’euros. « Aujourd’hui, on est plus à 30-32 millions, mais avec une hausse de la fréquentation et un taux qui dépasse les 30 %. » L’allègement du service frappe ici aussi, avec « deux trains enlevés à Bollwiller », qui font qu’entre 11 h 55 et 16 h 25, c’est morne plaine. « Quand vous êtes en demi-journée, c’est mort. »
Liaison avec l’EuroAirport en danger
« On le défend, ça s’inscrit dans une logique. C’est la première pierre pour une hausse d’infrastructure, un premier jalon jusqu’à Mulhouse. » Sauf que l’État s’est désengagé du projet , ce qui est ressenti comme « un signal négatif ». « Pas sûr que les Suisses feront venir leur RER jusqu’à Mulhouse » sans cela, et le président est convaincu que le projet de service express régional métropolitain (Serm) de Mulhouse (avec des trains et car-express toutes les 15 minutes) pourrait prendre du plomb dans l’aile. Néanmoins, avec 9,6 millions d’usagers à l’aéroport trinational, des parkings saturés, une saturation de l’autoroute et des routes qui peuvent bloquer la navette existante entre la gare de Saint-Louis et l’aéroport, l’enjeu est concret. Cela offrirait une « desserte correcte, toutes les 30 minutes Et cela donnerait un nouveau souffle, pour ne pas surcharger l’autoroute. 25 000 personnes quittent ou viennent à l’EuroAirport par jour. »
Inquiétude pour le tram-train
Il relie Mulhouse à Thann depuis décembre 2011 , le tram-train. « Un très bon produit, avec une très belle offre. » En revanche, « le matériel a bientôt 20 ans : soit il y a une rénovation de mi-vie, soit on renouvelle ». Et c’est là que le bât blesse : « Aucun des deux scénarios n’est à l’ordre du jour. » Le président pense au long process industriel que pourrait nécessiter un renouvellement complet des rames. « Nous sommes la dernière agglomération à utiliser ce matériel. » Fourni par Siemens. Des pièces ont pu être récupérées à gauche à droite, mais cela ne suffira pas à renouveler la gamme. « Un process, des études, tout doit se faire. Ni la Région, ni M2A n’ont su m’apporter une réponse. » À suivre.
Mulhouse, pôle d’échange multimodal peu pratique
Que la gare de Mulhouse soit un pôle d’échange multimodal, c’est une force. Mais lors de la dernière phase de travaux, les usagers se sont retrouvés quelque peu perdus pour leur transition entre train et bus. « Les gens ne trouvaient pas, c’était très fastidieux. » Des échanges devront avoir lieu avec la nouvelle municipalité et les équipes de Frédéric Marquet pour faciliter la vie aux usagers.
Cher Morgestraich
L’épisode du train spécial pour le Morgestraich à Bâle a fait couler pas mal d’encre. D’abord annulé, puis remis en service, ce train spécial a finalement tenu sa place pour rallier l’Alsace à Bâle. Sauf que le coût du voyage n’a pas été du goût de tous. Le président prend pour exemple l’aller-retour depuis Strasbourg. En 2025, il explique que celui-ci coûtait 17 €. En 2026, ce coût aurait atteint 60 €. « La Région avait pourtant annoncé le même tarif. Une hausse de 400 % sur un train spécial, c’est le meilleur moyen de ne pas le refaire. »
L'Alsace - Aurélien Ruesterholz
Le transfrontalier Mulhouse-Müllheim
Rien est simple sur la ligne Mulhouse-Müllheim , empruntée notamment pour se rendre à Fribourg-en-Brisgau. Le fait d’avoir deux gestionnaires de ligne, la SNCF côté français, la Deutsche Bahn côté allemand, complique les choses, même si « une volonté et des investissements » sont appréciés. Ce qui est appréciable, aussi, avec un quai dédié, c’est que les trains peuvent circuler « de manière autonome », ne croisant pas toutes les autres voies. « On a tout, le matériel et l’infrastructure, très récente, qui a moins de 15 ans », souligne Florent Manrique, président de l’AUT (Association des usagers des transports).
Désormais, ce qui est attendu, « c’est de la fiabilité ». Les changements d’horaires mi-décembre 2025 côté allemand, tandis qu’ils restaient les mêmes côté français, ont été « une douche froide ». En effet, « quand vous arrivez à Müllheim, le train pour Fribourg est déjà parti ». Autre point de vigilance, avec l’arrivée de nouvelles rames sur les axes alsaco-allemands Strasbourg-Offenbourg et Mulhouse-Müllheim. « Apparemment, ce n’est pas certain pour Mulhouse-Müllheim… Pourquoi ? Le land de Rhénanie-Palatinat ne veut pas payer plus. Seulement, ce n’est pas son périmètre, c’est celui du Bade-Wurtemberg. J’attends plus d’infos de la Région. »
Moins de trains durant les vacances scolaires
L’allègement du service, quinze semaines par an, « qui correspondent aux vacances scolaires », n’est pas du goût de tous. « La Région veut supprimer quelques trains pour faire des économies. » Certes. Sauf qu’ « aucun gouvernement n’a attribué quinze semaines de congés payés ». Certains trains entre Colmar et Mulhouse se retrouvent « surchargés à 150 % », laissant nombre d’usagers debout. Sur la ligne Mulhouse-Bâle (hors TER 200), l’AUT note une « nette hausse » de la fréquentation entre début février et fin mai, avec 3 870 usagers par jour, soit une hausse de 9 % en 2025. « Et les abonnés de moins de 26 ans ne représentent que 16 % des usagers ».
Le constat est quasi-identique sur Mulhouse-Belfort, avec 2 770 montées journalières, soit « 10 % de fréquentation supplémentaire entre 2023 et 2024 », où les moins de 26 ans représentent 24 % des usagers. Le problème se pose pour les travailleurs, avec pour exemple sur la ligne Colmar-Mulhouse, deux suppressions qui permettaient d’arriver à 8 h au bureau à Bâle pour l’une, et à 8 h 30 au bureau à Mulhouse pour l’autre. Sur Mulhouse-Belfort, avec la suppression du train de 16 h 50, les trains d’avant et d’après sont surchargés. « La SNCF a critiqué ces allègements, la Région a dit on supprime quand même. Les usagers se retrouvent en difficulté. »
Bollwiller, 4e gare du Haut-Rhin, négligée ?
Florent Manrique dresse un constat : avec plus de 1 000 usagers quotidiens, Bollwiller est une ville stratégique sur l’axe Colmar-Mulhous e. Premier point, le parking, « toujours plein ». « Même avec une extension, il est saturé. On va s’étendre jusqu’où ? » Est alors posé sur la table le retour d’une ligne ferroviaire entre Bollwiller et la vallée du Florival, « un projet de 7 km à 30 millions d’euros » qui va d’étude en étude. Le président évoque justement une étude de 2015, qui annonçait la réouverture s’il y avait un taux de couverture de 20 %, estimé à 25 millions d’euros. « Aujourd’hui, on est plus à 30-32 millions, mais avec une hausse de la fréquentation et un taux qui dépasse les 30 %. » L’allègement du service frappe ici aussi, avec « deux trains enlevés à Bollwiller », qui font qu’entre 11 h 55 et 16 h 25, c’est morne plaine. « Quand vous êtes en demi-journée, c’est mort. »
Liaison avec l’EuroAirport en danger
« On le défend, ça s’inscrit dans une logique. C’est la première pierre pour une hausse d’infrastructure, un premier jalon jusqu’à Mulhouse. » Sauf que l’État s’est désengagé du projet , ce qui est ressenti comme « un signal négatif ». « Pas sûr que les Suisses feront venir leur RER jusqu’à Mulhouse » sans cela, et le président est convaincu que le projet de service express régional métropolitain (Serm) de Mulhouse (avec des trains et car-express toutes les 15 minutes) pourrait prendre du plomb dans l’aile. Néanmoins, avec 9,6 millions d’usagers à l’aéroport trinational, des parkings saturés, une saturation de l’autoroute et des routes qui peuvent bloquer la navette existante entre la gare de Saint-Louis et l’aéroport, l’enjeu est concret. Cela offrirait une « desserte correcte, toutes les 30 minutes Et cela donnerait un nouveau souffle, pour ne pas surcharger l’autoroute. 25 000 personnes quittent ou viennent à l’EuroAirport par jour. »
Inquiétude pour le tram-train
Il relie Mulhouse à Thann depuis décembre 2011 , le tram-train. « Un très bon produit, avec une très belle offre. » En revanche, « le matériel a bientôt 20 ans : soit il y a une rénovation de mi-vie, soit on renouvelle ». Et c’est là que le bât blesse : « Aucun des deux scénarios n’est à l’ordre du jour. » Le président pense au long process industriel que pourrait nécessiter un renouvellement complet des rames. « Nous sommes la dernière agglomération à utiliser ce matériel. » Fourni par Siemens. Des pièces ont pu être récupérées à gauche à droite, mais cela ne suffira pas à renouveler la gamme. « Un process, des études, tout doit se faire. Ni la Région, ni M2A n’ont su m’apporter une réponse. » À suivre.
Mulhouse, pôle d’échange multimodal peu pratique
Que la gare de Mulhouse soit un pôle d’échange multimodal, c’est une force. Mais lors de la dernière phase de travaux, les usagers se sont retrouvés quelque peu perdus pour leur transition entre train et bus. « Les gens ne trouvaient pas, c’était très fastidieux. » Des échanges devront avoir lieu avec la nouvelle municipalité et les équipes de Frédéric Marquet pour faciliter la vie aux usagers.
Cher Morgestraich
L’épisode du train spécial pour le Morgestraich à Bâle a fait couler pas mal d’encre. D’abord annulé, puis remis en service, ce train spécial a finalement tenu sa place pour rallier l’Alsace à Bâle. Sauf que le coût du voyage n’a pas été du goût de tous. Le président prend pour exemple l’aller-retour depuis Strasbourg. En 2025, il explique que celui-ci coûtait 17 €. En 2026, ce coût aurait atteint 60 €. « La Région avait pourtant annoncé le même tarif. Une hausse de 400 % sur un train spécial, c’est le meilleur moyen de ne pas le refaire. »
L'Alsace - Aurélien Ruesterholz